6 poèmes

 

La berceuse te couvrait d’or
de perles, de satin

fredonnait ta beauté

Mais pouvais-tu dormir
avant d’avoir surpris
dans l’ombre des couplets

l’amour illimité
qui entrait dans ta vie ?

 

 

***

 

La voix posait dans le berceau
des mots qui ne craignaient
ni vent ni foudre

alourdis de promesses séculaires

L’enfant riait
qui savait déjà tout des anciens mondes

prêt à mener sa barque
sous de nouvelles lunes

 

 

***

 

 

Fais demi-tour, renonce
à l’autre côté du pont

Emporte vite à l’atelier des retouches
ce paysage éraflé

meurtri dès l’aube
par ta mélancolie

 

 

***

 

 

Le désir était vif

d’aller encore un peu plus loin

bien au delà de la première haie

peut-être même au bout du paysage

 

 

Les pas se révoltaient pourtant

refusaient ce jardin détrempé

jusqu’à l’autre côté de la terre

 

Alors ils ajustaient leurs ailes

 

 

***

Un mot viendrait soudain
sans précédent

un mot indéfini
ignoré du lexique
dénué de toute ambition

et je le garderais soigneusement
pour toute réponse

sans dévoiler ses synonymes

 

 

***

Tu tisses laborieusement

une heure étroite, terne

effilochée déjà

Mais nous te fêterons
quand tu l’auras donnée

sans allusion
à ton petit métier