Cinq roses pour ton jardin

 

Écoute
tout ici parle
pour la douceur

La fleur se cherche un nom
sur une couleur du ciel

La source a un parfum
d’herbe neuve

Le jour peut naître
d’une parole très claire
sur la peau

Tout se tient
près du premier souffle.

 

*

 

Une fleur t’appelle
dans le jardin de solitude

Tu te penches sur elle
et donnes tes yeux
à la couleur de l’instant

Tu la pares d’un nom
plus doux que la douceur
afin de préserver cet espace
entre vous

Tu te penches sur elle
elle avale ton ombre
et s’ouvre à ta pensée.

 

*

 

Elle voyage
à l’intérieur d’elle-même
pour le bien d’une abeille

Nourrie de l’autre
au seul besoin d’aimer

Elle invente un cercle
où vivre son histoire
entre repli et don de soi

Si le temps le permet
elle pourra se défaire
sans le moindre tremblement.

 

*

 

Cette fleur de l’air
devant la vitre
a le parfum d’un autre lieu

Forte et fragile
sous le soleil trop lourd

Tu cherches à retenir d’elle
tout ce qui t’échappe

Sa chair colore tes mots
d’un bref incendie

Corolle de nuit
mangeuse d’ombre
lorsque tu fermes les yeux

Seule image
d’un jour trop vaste.

 

*

 

Toi qui rêves
de confondre la lumière
pense à la chair miraculeuse
des roses

A l’éclair blanc
qui traverse la pierre
en plein midi

Pense à l’enfance des corps
dans la joie de l’air

A tout ce qui brûle d’éclore
dans l’espace entrouvert

Un feu s’allume
au bord de ta maison

Invente un seuil
à sa mesure.

*