GARENNE

 

J’étais en proie aux plus douces cruautés
lorsque ta poitrine me priva de la lumière.

Un œil retenu par mon étoile,
je feignais l’indifférence.

L’ombre donnait le départ de mon périple
expliqué en termes de photographe,
et le passage, aux orties de tout bord,
officiait en gendarme sévère.

Totale est la soumission exigée par l’errance.
Sans la déroute des projets conjugués au seul temps de l’autre,
les chemins, calculés par le doute,
seront au nombre des feuilles vierges débarrassées de leur tutelle,
et l’eau des sources, que la soif espère, jamais aussi froide.

 

 

Extrait de D’une Craie qui s’efface, L’Harmattan, 2009 (préface de Pierre Dhainaut).