5 poèmes

 

Je condenserai mes souhaits
dans l’orgueil d’un jardinier de passage.
Grand confesseur des roses.
Nous traverserons des sentiers
dans des feuillages s’initiant aux forces du vent.
Notre confiance s’unira
afin de prophétiser le temps.
Nous ne frapperons que deux fois
à la porte du destin.

 

***

 

Emprunter les ruelles de miosotis
au besoin, tordre les rêves en arrosages.
Attendre la journée,
Assis au bord des matins,
et peupler de courants d’air
le musc des ténèbres.
A tort ou à raison
les hommes vieilliront de souvenirs.

 

***

 

J’ai croisé les doigts
harcelé les ténèbres,
qu’elles m’offrent à boire et à manger.
Que je garde des victuailles
pour plus tard,
quand il y aura de la neige sur les chemins.

 

***

 

Il n’y a pas de bruit.
Toute flamme n’est que rosée.
Eglantier en devenir.
Je t’atèle au regard du monde
à ses répliques.
Nous rions de la nuit étoilée.
Des frissons subjugués par des vents en devenir.
Une lanterne ne s’ébruite
qu’avec le feu qui l’inonde.

 

***

 

Retournez dans votre chaumière
elle s’enfume, s’enracine
dans vos souhaits spirituels.
Dormez dans son corps
et buvez une tasse de lait
de la couleur des ardoises en hiver.
Entraînez-vous pour être la présence qu’elle désire,
pour être en lisière des copeaux de bois qui ont ensorcelé l’âge d’homme.
N’étiolez pas la fleur au coin de la fenêtre
ses cris pourraient brouiller la piste des oiseaux.