Toi

 

Depuis le ciel entr’ouvert,
La voilà qui est venue –
Venue ? Elle n’est même pas
Venue : elle était là,
A côté –
Et comment ne pas la voir,
Tant elle irradiait
De lumière, tant c’était ELLE
A l’évidence,
Qui se tenait muette -
Et d’autant plus loquace
Dans ce silence
Habité ?

Oui, c’était ELLE,
Je l’ai su sur le champ -
Foudroyé que j’étais
Par
Sa présence
Au sourire
De l’énigme
Vivante
Et dans
La clarté de ses yeux
Bruns
Qui portait avec elle
Tout le chant de la Terre…

Comment eus-je donc pu faire
Pour ne point
T’admirer
Au demi-jour de la salle
Que
Tu embellissais
De la sorte – toute entière, toute entière !
Et ne pas entendre
Cette voix des archanges
Qui
S’exprimait de ta bouche
Sans qu’un mot
N’en sortît ?

Mésange
Des jardins qui fleurissent
A mon âme,
Hirondelle
Au cheveu déposé devant moi :

Ah ! Sur le champ,
Certitude sans retour
Que
Je ne pouvais mettre en doute -
De savoir
Que tu étais

Le jasmin qui s’enroule
Sur le tronc tortu de l’arbre,
La sauge
Bienfaisante
Et la menthe qui croît
Dans l’ombre du soleil !

Oui,
Vraiment – et sans l’ombre
D’une
Hésitation,
Je savais que
C’était TOI –

C’ETAIT TOI !