Trois poèmes inédits

 

Elle est
L’arbre aux merveilles
Et aux larges fruits d’or
Qui se donnent
A l’âme
Qui chemine au Royaume –

Elle est
L’ombre légère
Du platane qui danse
Au dessus de la foule  -

Elle est
Le tilleul qui frémit
Aux souffles du mois d’août –

Elle est
Cette rose inclinée
Du poids
De la rosée
Aux matins de lumière –

Elle est
Le jasmin sur le mur –

(Comment savoir si le mur
Est en train de
Soutenir la grimpée de la fleur –
Ce que nous croyons
D’habitude –
Ou si c’est la fleur
Au contraire,
Dans son chant du soleil,
Qui fait tenir toutes ensemble
Les pierres sèches
Conjointes ?) –

Elle est
La viorne au ruisseau,
Elle est
La reine des prés –

Elle est
L’herbe au sommet,
Sous la ronde
Des aigles,
Qui se courbe à l’autan,

Elle est le rire
Dérobé
Des
Renoncules inclinées

(Il suffit de l’entendre
Pour savoir
A jamais que c’est toute
La terre
Qui se trouve tellement belle !) –

Elle est
Le lys haut dressé
Que l’on tend à la source –

Et elle est
Le témoin,

Elle est
Le vestibule
A
La splendeur du Divin

Qu’elle porte en ses mains,
Dans son rire,
Dans sa voix,
Dans ses yeux éclairés
D’une telle splendeur -

De cette
Eternité

(Hors du temps ! Hors du temps !)

Dont elle est la présence
Et
L’immarcescible
Existence

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LA TERRIBLE ET LA DOUCE

 

Tu me détruis,
Me démembres,
Mère de tous
Les univers

(Langue pendante
de sang –
comme les crânes
à ta taille) –

Et pourtant, je sais bien
Que tes pieds     sur mon cœur
Sont
La plus belle des danses –

Que tu es soleil et lune,
Les averses d’avril,
La lumière du mois d’août -
Toutes les fleurs
Qui éclosent
Et portent avec elles
Le parfum des ruisseaux
Qui dévalent aux monts
Sous le chant
Des oiseaux

Comment dire,
O Mère,
Ton infinie     douceur
Et ta voix     qui m’appelle
A
La beauté des planètes
Qui tournoient dans le ciel,
Et aux bras des
Galaxies
Que tu fais exister ?

Puisque je t’aime,
O Mère !

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NOTRE MERE

 

Sous son aspect
Terrifiant,

(Comme elle danse
Parfois
Sur un monde
Plein de pièges),

Notre Mère      dans le ciel,
Elle est d’abord la Mère de
L’infini       de l’amour –

Comme elle est tendre,
Alors !
Créatrice des
Forêts et des monts
Qui escaladent l’azur,
A l’origine de ces bois
Où murmure son rire…

Mère ! Mère !
Qui
Dira ta beauté –
Et tes pieds
Où grelottent
Les clochettes
De mon cœur ?

Et
C’est le monde
En entier
Qui ruisselle
Du sourire
De tes yeux de lumière,
Le monde entier
(Tout entier),
Qui se souvient
D’être né     du tourbillon
De ta jupe –

Quand tu dansais
Sur l’abîme
En faisant      rouler
L’Univers
De tes mains       adorantes

 

Tu es la sauge sauvage -
Et la feuille de la menthe
Tout au bord
De l’étang
Où se mire      le soleil

Fleur éclose
Depuis      cette nuit  si profonde
Que ta tresse
Récuse…