L’absence nécessaire

 

L’absence ici projette ses bras sur la ville
offrant aux coins d’ombre
ses aires
propices aux larcins

Un œuf
dans sa nudité coquillage
happé par la mer dérive au large
enveloppe fendue dans la bouche des serpents
sphère approchant le vide comme on s’approche
d’un dieu

L’absence ici déroule ses anneaux de fer
certitude rocailleuse
abstraction quantifiée

Des enfants tirent du langage le suc
issus qu’ils sont de dimensions clandestines
enfants qu’ils sont les paupières offertes
guerriers futurs les paumes ouvertes
incréées
comme l’eau

L’absence ici déroule ses anneaux de cuivre
pour la joie d’insectes frondeurs aux oreilles percées.

 

[dans Les élégies premières]