Le berceau de Gilgamesh

 

Et je l’ai vu
gagner
en catimini
la côte basse de l’éternité
roulant son âme
couverte d'algues
épelant ses cinq sens
à l'insu de la vie,
puis se réfugiant en haut d'une montagne bleue
qui le fait planer
au-dessus des pertes
lui ayant fleuri sous les aisselles
ou à peine
réduisant ses rêves
à l'herbe
qu'il accroche sur sa poitrine
garnie d'une nuit adamique

Dans un instant
ses vies appareilleront
vers un éveil de créatures sans défense