5 poèmes

Les radeaux bleus

 

 

 

Il est des heures, Il est des cris,
Il est des jours, Il est des nuits
Où le sang revient à ses rêves de mer,
A ses sèves célestes enfouies,
Pour nous offrir des parchemins
Qui redonnent leurs couleurs
A nos baisers, à nos cœurs, à nos mains
Et, à nos caresses, leurs fruits
De pinceaux en fleurs,
En échos d’appels à nos amours bleuies,
En rouleaux d’immenses cieux
Tantôt joyeux, tantôt meurtris,
Tantôt radieux, tantôt gris
Où se retrouvent les pleurs
Et les rires de nos yeux,
Entre enfer et paradis,
Entre agonie et tableaux bleus,
Radeaux de survie !
Il est des heures, Il est des cris,
Il est des jours, il est des nuits
Où le sang revient à ses rêves de mer,
A ses sèves terrestres enfouies,
Où les couleurs, pour le grand bleu,
De mille feux, rechantent la vie !

 

 

 

in " Le souffle des ressacs "

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Morte étoile

 

 

 

Ce jour-là, 

Les vagues rejetèrent la palette. 

Seule la dune bougea, 

Offusquée.
Les barbares rirent
Et crachèrent
Les dernières étoiles
Comme des dents ensanglantées.
Les rivières des souvenirs
Charriaient leurs mort-nés
Enveloppés de haine et de couteaux.
Les leçons des méandres reprirent
Sous les mottes des glaises
Et les mots d’amours suspendues
Aux hanches de nuits
Aux origines des pas
Reprirent les couleurs des regrets,
Squelettes sifflant d’azurs las
Et d’ouragans fanés.
Lunes écossées,
Jours déshabillés de solaire solitude,
L’incarcération de l’incinérée toile,
Morte étoile !

 

 

in " Le souffle des ressacs "

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Fusion

 

 

 

Je marche vers toi,

Sur le tapis de cendres
Des pigeons sacrifiés.
Je tends ma main avec toi
Vers le nombril éteint de la lune éclatée.
Je viens à toi
Pour fondre dans les flammes de nos soleils
Grimpant
Jusqu’à la dernière goutte de sang de nos rosées.

 

 

in " Arpèges sur les ailes de mes ans "

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Femmes !

 

 

 

L'impossible ne peut être femmes!
Nous aurons toujours la taille de nos rêves !

Nous rejoindrons, de notre florale impatience,
Dans la lumière de nos espérances,
Le suc flamboyant des étoiles
Et le rire assourdissant des dansantes comètes !
Nos fièvres habillées des houles des naissances
Nous offriront, comme toujours, tout ce temps
Pour tisser, dans nos profondeurs ailées,
Tous ces fruits volants de l’amour
Qui naissent et s’abritent au creux de nos reins,
En amples saisons tracées au miel des matins,
S’élevant des caresses de nos mains !
Femmes !
Flammes d’amour et de paix!
Ecrites par tous les éléments,
Nous réchauffons, de nos racines,
Toutes ces tiges d'or qui poussent
Couronnées, dans la mousse de nos rêves,
Par les ascendantes douces gerbes ailées de notre sève!
Femmes!
Le possible est aussi femmes!

 

 

 

in " Le souffle des ressacs "

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Arbre ! 

 

 

 

Tu es toujours là où se confondent 
En verticalité sonore, 
En horizontalité ailée, ton or 
Et l’air donné à la feuille de vie nécessaire, 
Extension vitale pour les pas de nos envols, 
Fraîcheur de tapis déployée en arcs d’accueils 
Où médite l’oiseau 
En ses retours stellaires de danses 
Pour que l’eau puisse encore germer, 
Dans ses silences multicolores, 
Au parfum de nos rencontres. 
Arbre ! Tu nous offres toujours 
Le sang de tes souvenirs 
Et tes nerfs dans les cieux de tes soupirs !

 

 

 in " Le souffle des ressacs "