Enfants de Batouli

 

Enfants de Batouli,

un soir au cœur de l'ondée,
octobre s’est marié à quelques roses blanches
vos mots, les bras tendus pour saisir l'arbre et l'eau,
se sont dressés dans l’incendie de Pentecôte*.

Le vent soufflait sur vos paroles
et d’un coup les grands arbres se mirent à marcher,
leurs racines s’ébrouaient sur le seuil de la saison sèche,
leurs tentacules d’espérance dansaient
vers une mer lointaine.
Bientôt, alors que vous écriviez vos vies
dans le jour descendant,
vos ancêtres se levèrent
et l’hymne d’une gloire sans nom
se répandit jusqu’à l’orangerie.

Vos paroles sont un souffle qui dure
depuis si longtemps
que lumière et sève tissent une armoirie vivante,
celle de la grande épreuve et du sang de l’agneau.

Les arbres tout vêtu de blanc entrèrent
dans votre bouche et vous chantiez
un chant inconnu de vous-mêmes,
un poème chaste au-devant de l’orage.
Les palmiers se pâmaient dans le rouge du soir
et vous étiez heureux d’avoir un lendemain
sur le berceau poli d’un flamboyant curieux.

                Batouri, Cameroun Est
                Octobre 2011

 

 

* Engelbert Mveng