J’ai été cette journaliste de guerre... (6/9)

 

La période Ptolémaïque rappelle le rococo
Avec ses plumes et ses danseurs insouciants, l’air affecté
Avec des décors surchargés, absolument semblables
Au marché aux puces d’El Amarna, où les puces dorment
Collées aux murs d’une mosquée,
Sous des draps blancs dort une mangue juteuse…
Il y avait jadis une Farizhade, son sourire répandait
Un parfum de rose, il y avait jadis cette fille qui avait
des cheveux à moitié dorés, à moitié argentés,
elle avait une fontaine fraîche  et une histoire
dans laquelle Marouan Mohammed Hassan jouait de son oud,
il appelle ses insaisissables chats égyptiens, ils grandissent
partout et déterminent l’idée que l’on se fait du félin,
et je reste là stupéfiée  par le soleil, ma valeur marchande estimée
au bazar à cent soixante dix chameaux et trente piastres, aussi
je lève mon appareil et fais le point
sur l’infini ;

Dans la part ombreuse de moi-même,
Se dissimule cette féministe et ce reporter maudit
Qui faxe  nouvelles- tandis  que les petites divinités se réjouissent et dansent
Sous cet affreux soleil tout-puissant
Dans sa capitale qui est Tell El Amarna…

Et le bruit de la fontaine et le bruit de la mer,
A travers le Mont Sinaï qui est un hôpital à New York City
Mais une superbe montagne ici,
Et le bruit de deux ou trois étoiles, qui disent que la vie
Continue, qu’elle revient par bribes, avec ou sans « Shedrvaan », mais  jamais
Sans la musique, car sans musique rien n’est possible, car la musique
A été faite pour ces chats égyptiens merveilleusement soignés qui
Grandissent partout et sont la représentation même du félin,
« Choukhran, choukhran »,
« Afouan ! » ;
Et la vie devrait dire « merci » et l’amour
Devrait répondre « pas de quoi ».
Ces images d’amour telles quelles sont, pourraient être Persanes, Arabes,
Ou Hébraïques, c’est un chant d’amour sémitique, oriental…

Montant à bord d’un train pour le Caire,
J’ai lu un vieux journal qui disait :
« le Living Theatre se produit à Bergame »,
j’etait contente de ne pas être là, d’être un vrai maître
des strates de ma vie,
j’étais , en fait,  le Caire,
une strate après l’autre  -  jeune éternellement, mais ruine quand même,
une icône fêlée d’une boutique de Bazar, où la camelote côtoie
des épices  et des souvenirs ébréchés d’une vie éternelle…

 

traduit par Geneviève Huttin