J'ai été cette journaliste de guerre... (2/9)

 

Immenses
Dalles de pierre
Si j’entre dans l’estomac d’Osiris
Ses entrailles grondent de ce passé
Des forces souterraines               grande humidité après tant
De siècles on ne respire plus après tant de siècles           montée
Toujours plus abrupte comme les premiers jours d’école, pas d’air à respirer,
comme le premier examen,     comme le premier décollage
en avion        comme la première anesthésie
Totale obscurité, peur
De ne jamais arriver
Au sommet

Je me presse      mes jambes
Me mènent vers le haut
Je gravis le sommet et m’aperçois
qu’il n’y a rien là haut         sinon le vide cellules vides, tombes
Dépouillées de leur gloire, murs humides, geôle puante je baigne
dans ma sueur, ainsi la vie récrit mon premier
Manuscrit avec mon premier éditeur
Ses yeux et puis
L’obscurité puis
La première
Dispute
Entre amants,  puis je descends
La pyramide,   la dévale,   me tapit
et rampe le long des dalles de pierre érodées         on ne devrait
pas s’embarrasser du passé,          on ne devrait pas déranger les morts.
Descente à pic et rapide quand on a été instruit
Tout devient aisé plus tard on apprend à
Mentir avec l’âge à moins d’être
Purifié par l’entourage
D’une dalle de pierre
D’herbe fraîche
Et d’une
Chambre vide
Tant de gens vivaient ici
Tant de vies édifièrent cette pyramide
Tant d’espoirs, tant de peurs       suscitées par un tel non-sens et
Tant d’ignorance,    je dévale toujours plus vite cette enceinte
La descente semble se faire plus rapidement que la montée toutes
deux n’ont aucun sens. Nous sommes abordés
Par une machine qui suspend
Les souvenirs
Et par
Néfertiti
Qui amasse les pierres
Devant l’entrée mais rien
Ne subsiste plus.    Ici,  les dalles de pierres
restent impavides, elles sont nues et tous les trésors envolés
Pour prouver que l’objectif était le voyage en lui-même et
Non l’effort d’apprendre
Quelque chose
De nouveau

 

Traduit par Vincent Broqua