Sur l’impermanence 1

 

Les chats miaulaient
Les vaches meuglaient
Les chevaux hennissaient, des simples d’esprit
Jouaient avec des pensées sinistres et d’inutiles frayeurs
         – l’ignorance était grande et les soirées tranquilles,
un certain ordre cosmique régnait sur l’univers
quand toi et moi avons choisi d’être seuls
contre la banalité, contre la routine,
contre les redites,
contre  ce qui est contre, contre l’antagonisme,
contre l’ordinaire, contre l’inhabituel,
contre notre espèce,
par égard pour l’amour,
par égard pour la vie qui court comme
ces énormes monstres japonais
insatisfaits près du lac au bord duquel
se promena un jour notre exceptionnelle amitié
comme une jeune fille qui
manqua d’être violée
par les vents glacés du Mont Fuji
qu’il était si agréable
de contempler,  parfois

 

traduit de l’anglais par Marie-Hélène Dumas