5 poèmes

 

 

Retour au ciel éthanol de Paris
aux gerçures des doigts claquant
sur le vélibertaire gris,
à l’heure du candélabre couchant.

 

 

 

 

Penser à rebours

 

Solitaire sans en sentir l’air,
la nuit comprime mes rêves par terre.

Absence débordante ;
pourtant, seule au loin ;
vide en trop plein.

Impalpable perception.

Sensation vaine :
                               mes mains sans ses seins.
Débusquer son odeur
pour une bouffée d’ardeur,
étouffée par la fadeur du présent.

 

 

 

 

Envolée de jupe 

 

            Prémisse d’une vision divine !
Tribuchotement instantané,
                l'œil dérouté
                                se ratatine ;
les mains volent planées vers la rampe !
Divinité du métropolitain, les chutes vont de bon train.

 

 

 

Dépeint éternellement gris mais il est aussi :
gris acier,
beige délavé,
gris de lin,
beigeasse,
gris perle,
bistre le soir,
gris de Payne,
blanc cassé,
vert de gris en hiver,
blanc sale,
grège,
blanc de noir,
brume d’azur,
zinc,
ou encore, bleu fumée,
orange vieillissant,
au printemps bleu charrette,
violet déteint,
bleu pétrole,
étain,
ton béton,
éteint la nuit,
teinte bitume,
fer à l’apogée et rouillé au couchant,
châtaigne en automne,
aspect souris depuis le métro,
éclat pigeon vu des lucarnes,
teint mastic le matin
et s’illumine d’un estival coloris bureau bavant vers le bleu, le ciel de Paris.

 

 

 

 

Eclipse de temps

 

Une éclipse de temps trop sombre,
puis le rayon de sa fleur colore mon visage,
                                  le ciel s’embrase.
Cette douce lumière enflamme les pigments de ma peau.
Les coups de soleil figent ma pudeur,
empourpré, je replonge dans l’absence.