DANS L’ÂGE QUI VIENT

 

I

On butte sur un jouet oublié sur la terrasse.
Le dos un peu cassé, on se dit :
«  Il faudra bien ranger tout cela
jusqu’à l’été prochain, oui, bien ranger…

Mais que l’enfance est rare et rapide
et pourquoi donc si vite enfuie ?
»

Deux voix depuis toujours tissent leur nid :
l’une qui file la brume avec  l’oubli,
l’autre, la folle, oui, la joyeuse,
confiant au moindre souffle
celui que nous nommons Dieu.

 

II

La lampe allumée, puis
tant d’absence, tant d’absents tout autour d’elle…
Comme si leur invisible cortège doublait
l’étroite bague de lumière
— et même, très loin, le grand cercle de la nuit.

 

II’

La lampe allumée et soudain
tant d’absents, tant d’absence tout autour !

Ah que l’invisible cortège
tresse l’étroite bague de la lumière
et même, si vaste et si paisible,
le grand cercle de la nuit…