Rien à signaler

 

Rien à signaler.
La licorne s’en est allée
et repose dans le souvenir des forêts,

dans les chambres du pavot,
lorsque l’abbesse donne aux morts
le soleil et la lune.

L’automne s’éclaircit,
perd la mémoire
dans la trace de sang du hêtre.

Ce qui reste n’est autre
que le fil de fer noir dans l’air,
qui unit deux voix.

Dans l’abbaye blanche de l’hiver
un coup d’aile silencieux.
Au nom duquel –
jusqu’à la fin du jour.

 

 

Nichts zu berichten.
Das Einhorn ging fort
und ruht im Gedächtnis der Wälder,

in den Kammern des Mohns,
wenn die Äbtissin Sonne und Mond
den Toten gibt.

Der Herbst lichtet sich,
verliert sein Gedächtnis
in der Blutspur der Buche.

Was bleibt, ist nicht mehr
als der schwarze Draht in der Luft,
der zwei Stimmen vereinigt.

In der Weiβen Abtei des Winters
ein lautloser Flügelschlag.
Im Namen dessen –
bis ans Ende der Tage.

 

(extrait de Die Neunte Stunde / La Neuvième Heure)