Poèmes

 

    monde(s)

 

 

lovée dans les notes
comme une fusée
voici l'asymptote
venue t'embrasser

la caverne écoute
les moindres pensées
où finit la voûte
qui semble acquiescer ?

sous l'orage habitent
des passants secrets
les coteaux palpitent
la vie est si près

ainsi se déploient
ainsi correspondent
d'improbables mondes
ouvrant une voie
à cette seconde

 

       

 

 

 

***

 

 

 

 

 

  concret

 

 

voir
sept milliards de visages
les cent milliards précédents
chacun
et ses mondes

remplacer
le temps d’un vers
quatre millions de globules rouges

vivre
sept cent mille heures
deux milliards et demi de secondes
là !

corps consciences
exactement
sans fond

                                    

                                      

 

 

 

***

 

 

 

 

 

n’être

 

 

 

nuit de nuit
luisait
dans la matière invisible

les choses les êtres
l’immédiateté
aspiraient aux mots
au présent pour tous

et toi
point clignotant
point disparu

 

 

 

 

 

***

 

   

 

 

 

rêveille

 

 

 

il y avait des appels
des échos éclipsés
sur le fil du scalpel
entre chaque pensée

que trame le dormeur
il nous a devancés
et voici la demeure
des cent mille versets

les mots et les silences
savent se déplacer
brin d'herbe se fiance
à goutte de rosée

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

juste

 

 

 

pris dans le pire
pris dans ses spires
juste un pas

aucun visage
aucun message
aucun passage
juste un pas

les pensées brûlent
dans les cellules
la folie hurle
juste un pas

pas en arrière
en avant
sous les paupières
en rêvant

juste un atome
un tracé
juste un fantôme
effacé
la plus intime
la plus infime
odyssée