Poèmes

Si je ne t’ai encore rien dit de moi-même
C’est que j’ignore qui est cet homme
Qui souvent parle pour du vent
Et souffre d’une impuissance native
Pour ce qui est de savoir
                s’il existe vraiment quelque part

 

 

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Ce qui remue entre les roseaux de ton être
Vogue sans bruit à la surface d’un mouvement
Venu fabriquer contre la mort
Des morceaux de temps encore vivants

                                  

                                   *

 

À peine souffle le vent
Qu’un poème remue les doigts
Graisse les rouages d’une langue
Qui voit des choses hors du temps
                        hors du champ de l’espace
Et vit jour après jour avec la seule pensée
De rendre le monde visible une seconde fois

 

                                   *

 

Le jour est cette passion dangereuse
Cette perte d’équilibre qui n’a pas de nom
Et s’abreuve de la merveille d’un geste
Aiguisant à grande vitesse les couteaux de la vie

 

                                   *

 

Ce qui en toi vole et désire
Chante d’un regard qui s’offre au monde
Et rêve à genou dans le possible
                                     d’un chemin illisible

 

 

                                   *                                

 

Quel bonheur d’être ici
Projeté dans une dimension
              sans nom ni visage certain
En train d’essayer d’attraper les oiseaux en plein vol
Et de tracer la carte d’un temps
Dont le cœur fragile imagine tout l’amour du monde