Paul Pugnaud

Paul Pugnaud né le 2 juillet 1912 à Banyuls sur mer (Pyrénées Orientales), mort le 13 juin 1995 à Lézignan-Corbières (Aude), poète, marin et vigneron français.

Paul Pugnaud est un enfant posthume, son père André Pugnaud, négociant en vins de Banyuls et en vin de messe, est mort d’une crise cardiaque avant sa naissance. Après une petite enfance à Banyuls entre la mer et les vignes, la famille s’installe à Perpignan. Paul Pugnaud suit sa scolarité à l’institution Saint Louis de Gonzague où il obtient le baccalauréat en 1929.

Sa famille, par un grand-oncle maternel, est liée d’amitié à Aristide Maillol, le sculpteur de Banyuls.

Très jeune il commence à écrire des articles (compte-rendu de spectacles, contes, poèmes) dans des revues locales comme « le coq catalan ».

Après son bac, il part à Paris et s’inscrit en licence de lettres à la Sorbonne. Il fréquente Henry Espinouze, Robert Rius, Dali, catalans comme lui, qui l’introduisent dans le milieu surréaliste.

En 1931 et 1932, il passe 6 mois à Madrid pour perfectionner son espagnol, il y assiste aux débuts de la république espagnole.

Sa mère meurt brutalement début 1933, il se retrouve donc orphelin à 20 ans.

Depuis toujours la mer est son milieu de prédilection et tous les étés il navigue, d’abord à Banyuls sur une périssoire équipée d’une voile, puis il fait des croisières en Espagne sur les bateaux d’amis, enfin il achète son propre voilier en 1935.

Il fait son service dans la marine en 1934 et 1935. Ceci lui permet de parcourir la Méditerranée de la Grèce à Gibraltar.

A partir de 1936, il partage son temps entre Paris et les croisières en bateau qui, en 1938, le mènent en Tunisie via la Corse et la Sardaigne.

Il écrit de la poésie et collabore à des revues comme le coq catalan et la bouteille à la mer. Il publie son premier recueil : « Equinoxes »

En juillet 1939 il épouse Bernadette Verdier, originaire de l’Aude, étudiante à Paris. Ils partent en Tunisie où ils font une magnifique croisière avant d’être rattrapés par la guerre. Paul Pugnaud est mobilisé dans la marine à Bizerte jusqu’à l’armistice.

Paul et Bernadette Pugnaud achètent un domaine viticole : le domaine de Belle-Isle à  Lézignan-Corbières pendant la première permission en 1940. Ils y passeront toute la guerre. Paul apprend le métier de vigneron avec son beau-père Louis Verdier avant l’arrestation en 1943 de celui-ci pour faits de résistance (il mourra à Buchenwald).

Après la guerre Paul Pugnaud partage sa vie entre Lézignan et Banyuls, à partir de 1958 il fera des croisières tous les étés sur la côte espagnole avec ses voiliers successifs et il traversera l’Atlantique avec le bateau d’un ami, Jean Bluche, en 1965. Sa fille, Sylvie, nait en 1950.

Tout en s’occupant de son domaine viticole et en s’investissant dans la vie sociale et associative (président du syndicat des exploitants agricoles à Lézignan après la guerre, co-fondateur et président du yacht-club de Banyuls dans les années 60) il écrit de la poésie, un premier recueil « zone franche » est publié par André Vinas à Perpignan en 1955.  Suivront chez Subervie « Azur de pierre » (1962) qui obtient le prix Voronca puis « la nuit ouverte »(1967).

C’est ensuite la rencontre avec René Rougerie et la publication de Minéral (Prix Antonin Artaud) en 1968. A partir de cette date René Rougerie va publier un recueil de poésie tous les deux ans et l’œuvre poétique de Paul Pugnaud se construit peu à peu, sa poésie s’épurant de plus en plus.

Rougerie publiera 14 recueils et des poèmes choisis.

Il collabore à de nombreuses revues : La bouteille à la mer, les cahiers de la licorne, la tramontane, Encres vives, Profils, Le temps parallèle, Jalons, Poésie Présente…

Paul Pugnaud peint de 1947 à 1970, sa peinture, comme sa poésie, s’épure de plus en plus. Il arrête de peindre pour se consacrer totalement à l’écriture quand sa collaboration avec René Rougerie  devient plus importante.

Il fréquente les poètes et écrivains du sud : Dans l’Aude Jean Lebrau, René Nelli, Michel Maurette et rend plusieurs visites à Joe Bousquet avant sa mort.

Hugues Fouras qui avait fondé  « la bouteille à la mer », revue à laquelle il a collaboré de 1934 à 1952.

Il est aussi lié avec les poètes de Rodez réunis autour des prix Voranca et Antonin Artaud : Pierre Loubière, Pierre Gabriel, Hénard, Arnold, Frédéric Jacques Temple…

Citons aussi son amitié avec Armand Lanoux qui est venu plusieurs étés à Banyuls.

Aujourd’hui, des poètes comme ceux qui animent la revue Recours au Poème reconnaissent en l’œuvre de Paul Pugnaud une des œuvres inspirant leur aventure poétique.

 

Bibliographie :

Poésie

1939 Equinoxes, Editions de La Bouteille à la mer

1955 Zone franche, Collection Ressac

1962 Azur de pierre, Subervie. Prix Ilarie Voronca 1961

1967 La nuit ouverte, Subervie

1969 Minéral, Rougerie. Prix Antonin Artaud 1970

1971 Les espaces noyés, Rougerie

1972 Long Cours, Rougerie. Avec une gravure de Suzanne Runacher

1975 Les portes défendues, Rougerie. Grand prix de Brocéliande des rencontres poétiques du mont Saint Michel 1976

1977 Atterrages, Rougerie. Prix Louis Guillaume, 1977, du poème en prose

1979 Ombre du feu, Rougerie

1980 Langue de terre, Rougerie

1982 Le feu court, dans le livre « Paul Pugnaud », d’André Vinas, Subervie

1983 Aride Lumière, Rougerie. Avec une gravure de J.J.J. Rigal

1985 Le jour Ressuscité, Rougerie

1987 Air pur, Rougerie

1989 Posidonies, Rougerie

1989 Epures, Editions du Mas Catherine

1989 Ombres éclatées, Conflent, préface d’André Vinas pour 50 ans de poésie à Perpignan

1991 Instants sans passé, Rougerie

1996 Poèmes choisis, Rougerie

1999 Ecouter le silence, Rougerie, présentation de René Rougerie

2005 Aux portes interdites, Rougerie, postface de René Rougerie. Avec une gravure de Maurice Maillard.

 

Essais

1992 Aristide Maillol, Conflent

 Préface à

1973 « Au seuil des hommes », poèmes de Pierre Marca , Oswald

1979 « Maillol mon ami » souvenirs de François Bassères, Cornet

 

Collaborations aux revues

Le Coq Catalan 1931-1938

La Bouteille à la mer 1934-1952

La revue parlée 1937

Prospectus 1953-1954

Les cahiers de la licorne n°5

Entretiens n° 26

Cévenne-Méditerranée n°1

Les Cahiers du Refus mai 1962

Le Mercure de France mars 1962

Bulletin Association Guillaume-Budé. Spécial n°8-9-10

La Tramontane 1967

Haut Pays n°1 1967

A.C.I.L.E.C.E. 1967- 1970-1974

Encres vives n° 62, 63, 64 et 66

Le puits de l’Ermite n°12 et 19

L’envers et l’endroit n°9

Profils 1972-1973-1975

Solaire n°5 1974

Impact n°8

Nouvelles à la main de 1975 à 1977

Le temps parallèle de 1974 à 1981

Jalons n°5 et 7

Poésie présente n° 5-6-9-12-13-14-36

 

Etudes

1968 Jean Rousselot Dictionnaire de la poésie française contemporaine, Larousse

1982 André Vinas Paul Pugnaud vers l’illimite du mouvant coll visages de ce temps Subervie 

Poèmes choisis