Eaux Promises VII

 

Nuit I

 

            La parole, pas la guerre. La voix, pas les armes. Plus de bruit, mon âme est brisée. Plus de chemins à travers les montagnes de la haine et de la douleur. Que la neige ne s'absente pas, que les pics et les pelles ne retentissent plus sur la terre et que cette terre ne dissimule plus les visages innocents. Que de silence nous avons même besoin après celui d'hier ! Que de cris, que de regards perdus dans le vide de l'incertain ! Frère, que les paupières d'un enfant qui dort ne battent plus. Que les murs des maisons ne résonnent plus quand je m'approche d'elles. Déjà le soir tombe. Déjà la nuit s'avance pressentant l'aube. Je ne veux plus continuer à entendre des voix ni des paroles de haine et de douleur. Frère, ami, si je m'endors, que les sirènes de la guerre ne retentissent plus. Mon Dieu, que de larmes faudra-t-il encore verser pour continuer à vivre !

 

 

Traduit de l’espagnol (Pérou) par Max Alhau