Vallongues, 27 août 2004

 

Aux larmes des hommes l’absente resplendissante. D’immenses roches noires. Sa terre. Son sourire. Sa chevelure. Tresses d’eau. Serpent son corps. Puis vint le feu. Et n’est plus. Homme broyé. Seul. Herse de nouvelle nature. À seul. Debout. Et son poème. Luttant rayon à rayon, soleil contre soleil. L’astre, l’absente. Que sont les fleurs devenues dans l’arbre de Judée ? Que sont-elles ces fleurs auxquelles accrocher ? Ont chu. L’espérance et le reste de chagrin enfoui.

Des cigales hurlent. Le soleil soustrait. Brosse le vent l’été achevant. S’éternisent. Un rire. Une voix sous le platane. S’endormant, maternelle. D’un été l’autre, le paysage. Avaler les marches. Une à une. Procession comme avalanche, jusqu’à la cabane de l’enfance. Vallongues. Toujours le soleil et le combat toujours. Et la pluie de feu dans nos cervelles frappées. Tout indifféremment. Sans harmonie pour une fois. Et la blessure qu’on ne peut. Et les joues de pleurs. Et les chevilles de lassitude. Pour marcher, il faut l’âme, la mère.

L’homme, l’arbre, leur courbe comme échiner. Comme rompre. Comme détruire. Secourant à leur tour quel ? l’amour de la terre. Cependant. D’un rayon l’autre, s’est dépaysée, s’est exilée, nous regarde. Nous regardons. Mais les ronces des yeux dans le taillis des hommes brûlent comme soleil et son cœur d’éclater. Les corolles des bras enlacent. L’heureux tourment d'un peintre, encore, subsiste, qui du noir crée la lumière, crée l’enfant, la femme d’or. Poursuivre, rocailleux. Écouter la voix de la femme. Hurlant sur le chemin. L’absente resplendissante.

 

                                                                                                               Vallongues, Bordeaux, 27 au 30 août 2004,
Marseille, juillet 2005, juillet 2008, juin 2012.