Passage en revues : autour de La main millénaire n°8 et des Cahiers du Sens n°24

Déjà un huitième numéro pour l’excellente revue La main millénaire créée  et dirigée par le poète  Jean-Pierre Védrines. La « tête d’affiche » de ce numéro est Béatrice Libert, avec une quinzaine de poèmes courts et superbes, s’ouvrant sur un « Je suis poète jusque sous les ongles » :

 

Je suis poète jusque sous ma chemise
De nuit comme de jour
Eclaboussée d’étoiles et de fientes
Dans la musique rompue de mes révoltes

 

Et cet état de l’être poète qui vit en Béatrice Libert surgit aussi dans ce court poèmes, Racine :

 

A la racine de tout poème,
Il y a un mot d’amour.

 

 

C’est en effet, pensons-nous ici, d’avoir rencontré l’Amour (humain) et d’y avoir cru, comme le disait Jean de La Croix, qui fonde le poète en l’homme. Il n’est pas de poésie authentique sans amour profond de l’autre humain, celui qui se tient debout devant soi.

La main millénaire propose ensuite des poèmes et textes poétiques d’une vingtaine de poètes, poèmes réunis sous le beau titre « Une flamme en un mot ». On lira ici les mots, entre autres, d’André Morel :

 

Appréhender
de tout son corps
 

Comprendre
sans penser
 

Rejoindre
sans écran
la texture des roches
les fibres nues du bois
le diaphane de l’eau

(…)

 

et aussi, par exemple, ceux de poètes tels que Anny Cat, Jean-Claude Xuereb :

 

Mais où sont les feux de Saint-Jean
qui enluminaient les collines
en ronde éclatante de joie
dans les veillées de l’été ?

 

Jo Pacini, Matthieu Baumier, Quine Chevalier, Thérèse-Françoise Crassous… Suivent six textes de prose poétique. Puis un texte de Jo Pacini consacré à Robert Mus, « paysan peintre » « dans le voisinage de René Char ». Et un long « Fragment » de Paul Sanda, poète et éditeur (Rafael de Surtis), où l’on vit de l’intérieur un moment étonnant de la vie de Casanova, avec un zeste de magie des profondeurs.

Merci à Jean-Pierre Védrines et à ses amis, de cette générosité consistant à éditer d’autres poètes et à donner à lire ces œuvres qui se font. Amour, fraternité, générosité : la vraie poésie et les véritables poètes se tiennent sur ces lignes de crête, pas ailleurs.

 

La main millénaire.
Direction : Jean-Pierre Védrines
Abonnement 3 numéros : 36 euros.
Le numéro : 15 euros
jean.pierre.vedrines@cegetel.net

 

 

La revue annuelle Les Cahiers du Sens, dirigée par Jean-Luc Maxence et Danny-Marc, à l’enseigne des éditions Le Nouvel Athanor, est un « monstre » : près de 250 pages, essentiellement pages de poésie. Le thème de ce numéro 24 occupe un tiers du volume et est consacré à « Le oui et le non ». Le dossier propose une grande diversité d’appréhensions de ce thème, entre sérieux et humour, poésie et pensée. On lira des textes d’Etienne Orsini, Jacques Sommer, Michel Cazenave, Paul de Brancion, Mathieu Hilfiger, Guy Allix, Kiko, Matthieu Conzales, Seymour Brussel, Marie-Josée Desvignes, et bien d’autres. Chaque année, le dossier des Cahiers du Sens se présente ainsi, une brochette de manières de voir le monde, de le saisir. Un lieu de diversité en actes.

Les deux autres tiers du volume forment, comme à l’habitude bien ancrée maintenant, une « anthologie permanente ». Une soixantaine de poètes, représentés par un, deux ou trois poèmes. Une famille élargie en somme. Impossible de citer tout le monde dans ce mini panorama annuel de la poésie française contemporaine. On lira, par exemple, Gwen Garnier-Duguy, Salah Al Hamdani, Jean-Marie Berthier, Laurence Bouvet, Jean-Bernard Charpentier, Francis Combes, Karim Cornali, Gérard Engelbach, Dominique Fabre, Christophe Forgeot, Lionel Gerin, Bernard Jakobiak, Frédérique Kerbellec, Pierre Landete, Marilyse Leroux, Jean Maison, Rose-Marie Naime, Bernard Perroy, Pierre Selos, Jean-Luc Sigaux, Armen Tarpinian, Bruno Thomas, Jacques Viallebesset…. Un ensemble qui, là aussi, dit la diversité des approches du monde.

Viennent ensuite des textes de « voyage ».

La revue se termine par un ensemble de lectures de livres récents proposées par divers chroniqueurs, chacun défendant ses goûts et affirmant ce qu’il apprécie moins.

Une bien belle œuvre que ces Cahiers du Sens qui apparaissent dans le paysage chaque année, au moment du marché de la poésie.

 

Les Cahiers du Sens
Editions Le Nouvel Athanor
70 rue d’Ivry
21 4PB
75013 Paris
danny.marc@free.fr
Site : lenouvelathanor.com
Le numéro : 20 euros