5 poèmes

 

La Nef

 

Dans la pierre, une croisée des chemins
L’épée aux lèvres de Verbe, l’âme ciselée
Des temps anciens,
Sonne dans l’azur des siècles
L’œuvre à portée de main,
La jonque alentour des feuillants inclinés
Rythme en grâce les détours,
Les pénombres odorantes de lumière,
La main se tend, à l’ode de la raison délaissée
Et dans les murmures où la blanche nature
Ce matin essaime sa brume lactée
La Fidèle droite rayonne l’originelle
Andante des éléments réconciliés,
Des sabots-de-Vénus font serment
De tous jours lui insuffler la primordiale
Allégresse qu’un tel destin est à apprivoiser
La main se tend vers la nuptiale maîtrise
Qu’un don seul de cœur à l’aube révélante
Des damiers ajourés où le pas humble
Et aimant a mené, au midi, au levant,
La main se tend en une seule nuit,
Au-devant de la lame jurant
De tenir poignée dans un langage d’enfant,
De prendre l’épée au firmament de son étoile
Celle d’une vie de quête dans la joie de chercher
Prendre l’épée dans la main
Ne rien connaître tout oublier,
Etre une herbe, un désirant, humer l’air
Coquillage des yeux s’ouvrant
S’enlaçant, les corps en bénitier,
Dessillé, devant
Un calice, une épée
Etre source et immensité,
Une coupe, une épée.
La lame est faite en sa teneur
D’unifier le sens et l’œuvre
La main se tend, c’est un chemin
Où la vie choisit de se donner
Dans son entière générosité.

 

***

 

Le Souffle d’Eve

 

La Joie est-elle une arcane
L’arc-boutant d’une cathédrale invisible
Une graine d’entière lumière libre
De la fleur du sens au fruit de l’innocence,
Doucement langue au chant du matin
Mon âme, traverse ce gué,
Réveil l’if au son des tambours,
La terre-mère poudroie la pluie
Ondoie les peaux d’épiphanie,
Le berger cueille l’herbe respirée
Des vents, l’altérité au son du vivant
Vénère en joie la naissance de l’émoi
Révère
Relève, sa part de vie et de croire
Elève, son aube
Relève, son intuition immémoriale
La Joie est blanche mûre de la Beauté
Le Souffle-mon enfant
Parole réincarnée, neuve
Ton visage de tendresse
Est le livre des rives de l’éternité.
La Joie ténue et libre
Du chemin déjà tracé en soi
Deux mains s’unissant
Se retrouvant
Te donner mon don de t’aimer
Tout nous est dit
Dans le temps d’une année
Corps exulté au répons
De l’onde envole l’oraison
Une prière muée
Transvasée, offrande révélée,
La Joie philosophale
Dans ce corps Antique
Mesure du mouvement
Allégresse en ellipse
Régresse, vide
Jusqu’à la nuée éloquente
Pour retrouver
A l’alentour de l’aurore
Les yeux rentrés
Dans le voile de lumière blanche
L’azur du Verbe
La Joie.

 

***

 

 

Ardente

 

Aria de labyrinthe, les cieux
Voûtent l’évidence aux creux des reins
Forgent ce voyage des noces alchimiques
Des troublantes correspondances
L’Ange a déposé le royaume perdu
Eveil de la conscience Absolue
L’âme traverse la caryatide intérieure
Celle des beautés distinctes et pérennes
Le palais où chaque angle est la Geste
D’un chant spiral, le corps à demi-nu
Danser, exulter en folle sagesse
La communiante partition
Quand les courbes encore
Sont volutes de caresses
Quand la Nature et Vénus
Sont abondantes d’être prêtresses
En la Symphonie éveillée
Celle des aubes révélées,
La Flamme immémoriale
Danse, danse, danse,
Esprit en un enlacé, œuvrant
La rosace embrasée
Du don accordé.

 

***

 

Dialogue pour ton chant Fidèle. Hommage

 

Aux confins des temps le murmure de l’attention
S’écrivait à la palme du cœur, enfance d’amande divine
La conque des chants millénaires dansait d’étoiles
Une flèche irrigue, sa pointe est une source,
Transvaser tel un arc saillant, être onde de beauté
Flux et reflux d’une spirale à l’ode révélée
Aurore, être ta tendresse renouvelée
Le présent de ta comète écrit l’aimant au souffle
Scintillant de ton panache de Voie Lactée,
Universel est le langage des intuitions sensibles
Les ponts se traversent tels des arches inversées
Passer, don, nous élèverons pierre par main adoubée
Au loyal élan de tous jours nous avions appelé,
Doux est le retour en son verger quand l’acanthe flamboie
Les ormes s’inclinant à l’acmé de l’émoi donné,
Un présent où l’unique est le centre du rythme
Sensible être, tu es ta Joie distincte, délicate
L’harmonie du frisson qui est l’apparaître
La gratitude rayonnante te reconnaît en enfance
D’Homme, bienveillance, vaillante âme apaisée,
Les blés chantent l’olifant de l’allégresse
La grâce s’incurve à la caresse de ton ivresse
Libre, tant la dimension est instant du renouvelé,
Haut les cœurs, magistrale générosité
La conquête est une fidèle correspondante
Quand l’amitié de la Nature est sa source de nuance
A celui qui donne, sonne, la soie de sa vertu, revient l’immensité
Une allégeance où le Mystère de l’engagement est union
O gué ! Elabore en recevoir la géométrie des fruits de l’attention
La Bonté est charnue des délices imaginés, de ce qui est création,
Les rameaux de l’innocence nourrissent l’amante circonvolution
Quant à cueillir l’étoffe de la beauté de l’étrenne,
Etendre l’étreinte jusqu’à l’offrande de la lumineuse droiture
L’essentielle nature à l’aube du matin perle sa présente ramure
A la lignée des temps l’amplitude d’une seule âme, gratitude
Révèle, à l’épiphanie d’Eros, au possible de l’héroïque,
Harmonie de l’émoi divin, ainsi une goutte de rosée sur la feuille
Inclinée est tendre en son voluptueux sillon, baignez-vous
A l’orée dévoilée, à la lyre qui inspire le tout aimé.

 

***

 

 

La providence légère

 

Grâce du lever, au dire de l’olivier et du laurier
Ornant le front encore tendre de la douceur de l’aube réveillée
Allons, au témoin des aimantes diseuses, Dame Nature
De la roche au cristal, à l’andante minéral, est diamant
De verve nervure, exhale, les correspondances parfumées
Lorsqu’au répons du chant l’Esprit bruisse la caresse bénit de son audace
L’armoiries de son orée est au ciel d’azur une noce aux ailes flamboyantes
Le cœur vif à la voyelle de l’Agapê, les nuages vibrent au blanc du silence
Tels des pétales d’apparaître où la présence de l’étamine d’un fécond soleil
Vague en rayon de Joie l’ellipse de nos songes, l’innocence vermeil,
Le cerf règne en la forêt du passage, au gué de l’amour, aux sources clapotantes
Racines de miel fouissant l’humus, le pollen s’élance,
Ondoie nos corps d’épiphanie, nos fragiles transhumances tendent à l’étoile
De la Beauté, l’astre réminescent  épure la noble connivence, candides
Les portes de la Voie Lactée, rameaux légers, constellent les saisons
De la renaissance fleurie aux fruits de l’Automne, le sablier ami est un nombre
Où la flamme danse la mélopée des âges, vitrail ouvre la lumière !
Architecture d’opale où l’arc-en-ciel de ton chef-d’œuvre donne l’ouvrage
De la lyre du ciel aux sonnets à la syllabe de lys, les voûtes taillées à l’élan de la Geste
Sonnent la loyale Merveille à l’égale de l’excellence, lune rencontre la flèche du soleil,
Verse ton eau de la pomme à l’Absolu, en flux et reflux, ardente,
Le sublime est la main dont le cœur chante la roseraie des âges mariés
Les vallons de gorge ascendante libres oriflammes répandent une hardiesse
Veloutée d’herbe où l’océan des blés est une offrande, cueillons la langue
Celle du don de nos éclats où la fleur s’épanouie au chant de la tiare
Sa gemme est une âme de mystère d’un roi, une aimante fit son sacre
A l’aubade d’un frisson d’émoi ainsi en leur mesure prouvée la fine
Végétale devint femme, la corolle de sa Joie le lui a donné,
Il est à la grâce des vents, à l’ode de l’ombrage des chants
De savants édifices qui complices à l’attention de nos entières
Ballades de songes sertissent la vision pour lui donner son présent
Une ode à la Beauté celle où il est le temps d’aimer, maître de vie
L’accord des répons audacieux sont au délice des liens donnés,
La source vive de l’inquiète, désirante attention aux jours flamboyants
A ce mystère évident que nous les brisants en écume d’aimant, les comètes tendresses
Les arpèges de tonalité savoureuse, un genou fléchi, la main dansante,
La caresse des au-delà du temps, nous sommes, messagers au Royal accord de la Traversée.