Une matinée franciscaine

 

                     pour Marguerite-Marie Neel

Quand le temps se met aux abeilles
Seigneur je reconnais en toi
le seigneur des abeilles
et de leurs horizons infinis

 

Dans la fournaise de l’essaim
dans le grégorien de la ruche
il me revient de percevoir
le bourdonnement des planètes

Vienne alors la pluie
déchirer nos vitres

 

la folie vêtue
de balle d’avoine

l’or des saisons
qui dans nos arbres fructifie

 

et que le temps s’y mette
et que le temps s’y fasse

vienne ce qu’il advient

 

c’est toujours comme une poignée
de clous incandescents
qu’on me jette à la face

toujours dans l’éblouissement
ton apparence la plus sûre.
                              

(La concordance des temps)