Lieudits [2]

 

Nekromanteion, là où se rejoignent Cocyte et Achéron.

Nous parcourons le sanctuaire de la Mort, le lieu où Hadès et Perséphone ont leurs prêtres et leurs palais.
Là, tout leur petit monde, précisément là, dans les herbes folles, entre une fourmi et un caillou. Laminée, la géographie des murs ; les autels, les cellules sacrées, avec violence chamboulés par les racines d’un olivier. Un parfum de pin nous saute à la gorge. 

Autrefois il fallait se purifier (formules rituelles, gestes propitiatoires) avant de parler avec ceux qui portent notre avenir dans leurs mâchoires terreuses.

La mort se tait dans le bleu du ciel, les vapeurs chaudes de la broussaille, dans la scansion des élytres les reptations du lézard sur la pierre brûlant, elle se tait.

                       Aujourd’hui, motus et bouche cousue