L’oiseau de Septembre –III (extrait)

 

Tournons la page,
pauvres de nous, et puis le temps.
Rappel (non du mois où sa mère avait mis bas mais)
de la saison où l’on jugea raisonnable,
passés frimas et miasmes qui fauchent les plus frêles,
de l’inscrire au registre des vendables vivants,
on la fit nommer Septembre.
Sans compter qu’en s’étoffant, elle ferait
belle bourrique pour les champs,
passable poularde pour la couche de l’hôte,
propre encore à accueillir les premiers ruts
du jeune seigneur de la Maison.
Mais voilà que Septembre
prit de la plantation sa volée : en son balluchon,
un oiseau de bois sculpté par un Marron boîteux
(Tiens petite ce jouet. Oiseau qui migre 
oublie son nom mais pas sa route. Qui dit que le coeur,
hein Septembre, comme un genou connaît plier ?)
C’est bien plus tard que Septembre l’ancienne,
qu’au Nord on murmurait affranchie-de-talons,
suivie de loin par une mort sans zèle, 
lança le talisman de bois dans l’âtre rouge
pour ouvrir ultime à son âme la Voie.