MEMOIRE DE SOIE

 

Life, Images 

Here I am
sitting at the small table.
Indulging myself by just
one-Flower feast.

There are by the bedside resting 
garments and invisible shoes of mine.

I pray by the silent letters.
By the images of life. 
By the tremor of love.

 

Vie, Images

Je suis ici
assise à la petite table.
M’autorisant le seul
plaisir d’une unique Fleur.

Il y a près du lit de la lingerie
et d’invisibles chaussures m’appartenant

Je prie en silence.
Par les images de vie.
Par le frisson d’amour.

 

At the juncture

In the home of unhopeful words.
What is to hold me up.

If not the juncture of lights
beaming from small bulbs. 

Before they all burn out.                           
In an instant. Treasuring century.          

 

Au croisement

Dans la maison des mots sans espoir.
Qu’est-ce qui peut me soutenir.

Si ce n’est le croisement des lumières
rayonnant des petits bulbes.

Avant qu’ils n’aient tous brûlé.
En un instant. Précieux comme un siècle.

 

Puddles, a Letter

What is that I am losing in the streets.
Whilst in a rush. What is that I truly love.

Puddles jumped over
amidst seconds
which will pass without us.

Scratched eternity.
Deception of a small lantern.

A feather from the flock.

The swan’s letter on
transcendency.

 

 

 

Flaques, une Lettre

Qu’est-ce que je perds dans les rues.
Bien que pressée. Qu’est-ce que j’aime sincérement.

Des flaques enjambées
parmi des secondes
qui passeront sans nous.

Eternité griffée.
Leurre d’une petite lanterne.

Une plume de la volée.

La lettre du cygne sur
la transcendance.

 

 

The Lexicon of Winds 

This wind is a shoe-
cleaner’s son.

This one a descendent 
of a paper knife.

Another from the album
of games lost.

But this one. This one
comes as a surprise to all
winds connoisseurs.

It calmed down in an infant
sun. Dancing with words.
Over your lips.

 

 

 

Le Glossaire des Vents

Ce vent est fils
d’un cireur de souliers.

Celui-ci descend
d’un coupe-papier.

Un autre de l’album
des jeux perdus.

Mais celui-ci. Celui-ci
est une surprise pour tous
les connaisseurs de vents.

Il calma un infant
soleil. Dansant avec des mots.
Sur tes lèvres.

 

Butterfly, indeed

Tell me
that butterfly is not
just an ecstasy of light.

Tell me
that there is
a butterfly indeed.

A child said.  

 

Papillon, effectivement

Dis-moi
que papillon n’est pas
juste une extase de lumière.

Dis-moi
qu’il y a
un papillon vraiment.

Dit un enfant.

A Drop, Rippling

I am a drop of sand.
But you are drop as well.

That explains building
of this small water rippling
for days and days on.

 

Une goutte. Ondulation

Je suis une goutte de sable.
Mais tu es goutte également.

Ceci explique l’onde
Qui sans cesse entre nous
S’étend.

 

A Tree, Page 

You’ve forgotten the tree
of your soul in my heart.

And it beats.  
By giant drops.

Falling from the leaves of my soul.
From the body of mine.

Night is rising. Restless.
Resembling the signed page.
That I cannot change any more.

I passed it by the thorny path.
Over my lip. Moistened
by a swift gush of light.
By sandy times
of unspoken.

 

Un Arbre. Page

Tu as oublié l’arbre
de ton âme dans mon cœur.

Et il bat.
En gouttes géantes.

Tombant des feuilles de mon âme.
tombant de mon corps.

La Nuit se lève. Agitée.
Semblable à la page signée.
Que je ne puis plus changer.

Je l’ai passée par le chemin d’épines.
Sur mes lèvres. Humides
d’une vive bouffée de lumière.
Aux temps sableux
du non-dit.

 

Bread, Roses

The light lasts shortly.  
It glimpses for a moment in the crowd.  
In the carnival of nothingness.

I place it in my window 
to grow. To talk
with other glows.

And what are you greedy for.
Oh Night. Of million starving
darknesses in your blood. 

You wear blind army boots.
The fur made of arrogance.
Padded with the day
that will not come.

You demolish a sidewalk lantern.
You step on the buttercup.
You tear down a pine. 

Oh what a blade you are.
Under the throat.
To my bread of roses.   

 

 

 

Pain, Roses

La lumière dure peu.
On l’entr’aperçoit un instant dans la foule.
Dans le carnaval du néant.

Je la place sur la fenêtre
pour qu’elle pousse. Qu’elle parle
avec d’autres lueurs.

Et de quoi es-tu avide.
Oh Nuit. D’un million d’obscures
famines dans ton sang.

Tu portes d’aveugles bottes militaires.
La fourrure d’arrogance.
Doublée des jours
qui ne viendront pas.

Tu démolis une lanterne sur le trottoir.
Tu piétines le bouton d’or.
Tu déchires un pin.

Oh, quelle lame.
Sous la gorge.
Pour mon pain de roses.

 

 

Small Animals, Snow 

You are so nice to me
this morning. You accept  
all those small animals that
haven’t left their traces
in the snow yet. The ones
You haven’t even seen.

Neither have I. Though
I’m frightened. Shivering.
 

 

 

Petits Animaux. Neige

Tu es si gentil avec moi
ce matin. Tu acceptes
tous ces petits animaux qui
n’ont pas encore laissé leur trace
dans la neige. Ceux que tu
n’as même jamais vus.

Moi non plus. Pourtant
j’ai peur. Je tremble.

 

Acrylic, Silk

Leaving the store I carry out
cellophane in a silver basket.
Vitreous slice of heavenly fruit
as well. A reclusive meal of mine.

Using our password
I wave to you in a small screen
of impeccable pixel’s sharpness.

The acrylic road lies between us.
Recollection of silk.

I can see you coming
out the revolving door
from the Hotel of abandonment.

The two shots of us
in some time of their own
hugging one another without us
through a signal of an audio kiss. 

So marvelous it is  
this springtime lost 
above our heads.  

Over our metropolises
so far apart

the same supersonic blast.

And here and there flying
a fading remembrance
of a Bird.   

 

Acrylic. Soie

En quittant le magasin j’emporte
du cellophane dans un panier d’argent.
Une tranche vitreuse de fruit paradisiaque
aussi. L’un de mes repas solitaires.

En  utilisant ton code
je te salue dans un petit écran
d’une impeccable netteté de pixels.

La route d’acrylique est entre nous.
Mémoire de soie.

Je peux te voir sortant
de la porte à tambour
de l’Hôtel de l’abandon.

Les deux photos de nous
dans une époque à elles
se donnant l’accolade sans nous
à travers le signal d’un baiser audio.

Combien merveilleux
ce printemps perdu
au-dessus de nos têtes.

Au-dessus de nos métropoles
si loin de tout

la même explosion supersonique.

Et voletant de ci, de là
le souvenir qui s’efface
d’un Oiseau.

 

 

Notes from the North,
The Non-Stop Opened Store 

 

I feel so close to the poets from the North.
With all those islands engraved
in their hearts being a single shelter
for crushed birds. A hostel offering
dinner to recluses. For nights of deep
enchantment. Of repentance.
And prayers in a bottle.

They walk through the squeaky
city landscape. With a halo
of northern stars in their hair.  
Cautiously. Fearing that
they might be left
with lesser and lesser grace:
all those little candles
of the inconceivable.

That they might slip and fall
in the midst of trivial speech tools.

While centuries old ballads
resembling river gulls
burst into non-stop opened store
of vitreous music.

Where every now and then
a stranger drops by
with a face so much alike their own.  
And leaves his business card.  

Ordering a fresh deposit
of snow as well. And still
tucked in. Still in the timbre.
Audio recording of pure Soul.

 

Notes venues du Nord.
Le magasin ouvert non –stop

 

Je me sens si proche des poètes du Nord.
Avec toutes ces îles gravées
dans leur cœur qui n’est qu’un seul abri
pour oiseaux écrasés. Un hôtel offrant
le dîner aux reclus. Pour des nuits de profond
enchantement. De repentance.
Et de prières dans une bouteille.

Il traversent les paysages grinçants
des villes. Avec un halo
d’étoiles du nord dans les cheveux.
Prudemment. Craignant d’être
abandonnés peut-être
avec de moins en moins de grâce :
toutes ces petites chandelles
de l’inconcevable.

Peur peut-être de glisser et tomber
au milieu de futiles outils de rhétorique.

Tandis que des ballades vieilles de plusieurs siècles
semblables à des mouettes de rivière
éclatent dans le magasin ouvert non-stop
en musique de verre.

Là  où de temps à autre
un étranger arrive
avec un air si semblable au leur.
Il laisse sa carte de visite.

Commandant  de la neige fraîche
aussi. La voix toujours
sourde. Encore dans la note.
Enregistrement audio d’âme pure.

 

Again, Long Time Ago

The wind dwells   
on the top of my eyelashes.

As my sweetheart did  
long time ago.

 

Encore. Autrefois

Le vent s’attarde
sur la pointe de mes cils.

Comme le faisait mon amoureux
autrefois.

 

A Thought, Note

My wish was a thought
that could be heard.
While I whisper
to the absents.

Just like rain.

Being. Only while
talking to them.
From here to summer
shower in the dust.

But all that can be heard
is bound to scatter.

And all I have is one note
of a kind. Unspent.
Like silver. In the silence.
Lakes do love it.
That eagerness of the water
to swallow. That eagerness
of noise. To overgrow.

 

Une Pensée. Note

Mon souhait était une pensée
qu’on pourrait entendre.
Tandis que je murmure
aux absents.

Comme la pluie.

Etre. Seulement pendant
qu’on leur parle.
D’ici à l’été
averse dans la poussière.

Mais tout ce qu’on peut entendre
est destiné à se disperser.

Et je n’ai rien d’autre qu’une certaine
note. Non dépensée.

Comme l’argent. En silence.
Les lacs l’aiment.
Cette avidité de l’eau
à avaler. Cette avidité
de bruit. A tout envahir.

 

Transistor, Headphones

All the insults of a day  
are free to land on my shoulder.   
They will be welcomed.

I will give them a transistor 
and small headphones.

Thus they can hear cracking
of the last year’s snow.
The gong that beats within    
myself into Pannonian noon. 

And that tininness of poppy grain 
dropping in the dough
of a divine cake.
The last crumble of which
laid on roof tiles and straw
grows and becomes first again.
Impossible to spent.  

 

 

Transistor. Ecouteurs.

Toutes les insultes du jour
sont libres de se poser sur mes épaules.
Elles seront bienvenues.

Je leur donnerai un transistor
et de petits écouteurs.

Ainsi elles pourront entendre craquer
la neige de l’an dernier.
Le gong qui bat en moi
au midi de Panonie.

Et cette insignifiance du grain de pavot
tombant dans la pâte
d’un gâteau divin.
Dont la dernière miette
restée sur les tuiles et la paille
croît et redevient premier.
Impossible de le dépenser.

 

traduction de l’anglais : Marilyne Bertoncini

From the poetry collection The bread of Roses, 2012.

Translated from Serbian into English by Marija Knežević

 

 

SEĆANJE SVILE

 

ŽIVOT, SLIČICE

 

Tu sam za malenim
stolom. Gostim se
obedom od jednog cveta.

Kraj postelje su mi
nevidljive cipele i odelo.

Molim se nečujnim slovima.
Sličicama iz života.
Tremorom ljubavi.

 

U PRESEKU

U domu bezizlaznih reči.
Čime da se poduprem.

U preseku svetlosti
malenih žarulja.

Pre no što sagore.
Trenom vrednim veka.

 

BARICE, PISMO  

Šta gubim na ulicama.
Dok hitam. Šta li ljubim.

Barice preskočene
među sekundama
u kojima neće nas biti.

Okrznutu večnost.
Varku svetiljčice.

Pero iz jata.

Labudovo pismo
transcendencije.

 

 

LEKSIKON VETROVA

Ovaj vetar je sin
čistača obuće.

Ovaj je potomak noža
za sečenje papira.

Ovaj je iz albuma
izgubljenih utakmica.

Ali ovaj. Ovaj je
iznenađenje svim
znalcima vetrova.  

Primirio se u detinjom
suncu. Pleše u rečima.
Na tvojim usnama.

 

 

LEPTIR, UISTINU

Reci mi
da leptir nije
tek zanos svetlosti.

Reci mi
da uistinu
postoji leptir

reče dete.

 

 

 

KAPLJA, ŽUBOR

Kaplja sam peska.
I ti si kaplja.

Otuda gradnja
ove male vode
danima što žubori.

                                  

STABLO, STRANICA

Zaboravio si stablo
duše u mom srcu.

I ono tuče.
Krupnim kapima.
S lisja moje duše.
Mog tela.

Noć raste. Nemirna.
Kao već potpisana stranica.
Koju ne mogu promeniti.

Prevalih je težim putem.
Preko usne. Ovlažene
brzim mlazom svetlosti.
Peščanim vremenom
neizgovorenog.  

 

 

HLEB, RUŽE

 

Svetlost je kratka.
              Zaplamsa u vrevi.
U karnevalu ništavila.

Stavljam je u prozor
da raste. Da razgovara
sa drugim svetlostima.

A čega si gladna ti
tamna prekomilionska
krvi. Prekonoćna noći.

Nosiš slepe cokule.
Krzno oholosti.
Sa postavom od dana
koji neće doći.

Rušiš stanični fenjer.
Gaziš ljutić. Obaraš bor. 

Sečivo si. Pod grlom.
Mom hlebu od ruža.

 

ZVERČICE, SNEG

Tako si dobar jutros
prema meni. Prihvataš
sve te zverčice što još nisu
ostavile trag u snegu.
Koje nisi ni video.

Ni ja ih nisam videla.
Samo se bojim.

 

AKRIL, SVILA

U srebnoj korpi iz dućana
iznosim celofan. I staklenu
krišku  rajskog ploda.
Obed samotnika.

I na ugovoreni znak
mašem ti u kvadratiću
besprekorne oštrine piksela.

Između nas je put akrila.
Sećanje svile.

Vidim kako izlaziš
kroz okretna vrata
hotela napuštenosti.

Naša dva snimka
u nekom svom vremenu
bez nas grle se
signalom zvučnog poljupca.

Čudesno je iznad naših glava
izgubljeno proleće.

Ponad dve naše rastavljene
metropole isti
supersonični prasak.

I poneka retka
uspomena na pticu.

 

ZAPISI SEVERA, DRAGSTOR

Bliski su mi pesnici severa.
Sa ostrvima uklesanim
u srcu poput prihvatilišta
za slomljene  ptice.
Hostela sa samačkom
večerom. I noćima duboke
opojnosti. Kajanja.
Molitve u boci.

Hodaju škripavim gradskim
pejzažom. S oreolom severnih
sazvežđa u kosi. Obazrivo.
Strepeći da izgubiće
jednu po jednu milost.
Sve te svećice nepojamnosti.

Da okliznuće se među
proste alatke govora.

Dok stoletne balade
kao rečni galebovi
uleću u dragstor
staklene muzike.

Gde svaki čas navraća
poneki stranac
sa njihovim likom.
Ostavlja vizitkartu.

I narudžbine
za sveži nanos snega.
I ušuškan. Još u tembru.
Tonski zapis duše.

 

OPET, DAVNO

Vetar mi je
u vrhovima trepavica.

Kao dragi moj
nekada.

 

 MISAO,  NOTA

Htela sam misao
koja će se čuti.
Dok šapućem
odsutnima.

Kao kiša.

Dok bivam.
Obraćajući im se.
Odavde do letnjeg
pljuska po prašini.

Ali čujnost beži.

A imam samo jednu
takvu notu. Nepotrošenu.
Kao srebrnina. U tišini.

Nju vole jezera.
Spremnost vode da guta.
Spremnost buke
da bude jača. 

 

TRANZISTOR, SLUŠALICE

Sve uvrede dana
mogu da slete na moje rame.
Dobro će im biti.

Daću im tranzistor
i male slušalice.

Da čuju škripu
lanjskih snegova.
Gong što u meni udara
u panonsko podne.

I onu sićušnost maka
što pada u testo
božanskog kolača.

Čija poslednja mrvica
na crepovima i slami
naraste i opet bude prva.
I ne da se potrošiti.

 

 

Iz knjige Hleb od ruža, 2012.