Communion

 

“After communion, we sit there a few minutes and the quiet is intense. Coughing stops, nose-blowing stops, throat clearing—it all stops. The silence is palpable and is, I believe a real communion.”

- A Trappist monk of Oka Abbey, in Quebec,
one of the few remaining monastic orders that continues to practice the vow of silence.

 

 

No words where I go. No patterns of sense,
no language in the wake of breath. No past or future:
I hear, I, here.
No grammar. No need
for tense. There
prayer remains unheard,
in the long howl of the night
an iamb of rain quiets all.
For in the small
of the mountain’s untellable height
is grace enough if you do not ask.
Do you see? Not silence: but the voice of all else
that falls away as we listen. Beyond script
or scripture: no metaphors here,
no words. No words. Only.

 

“Après la communion, nous restons assis là quelques minutes et le calme est intense. Le toussotement cesse, le nez mouché cesse, le raclage de gorge – tout s’arrête. Le silence qu’on peut palper est, je pense, une vraie communion. »
Un moine trappiste de Oka Abbey, au Québec, l’un des rares ordres monastiques qui continue de pratiquer le vœu de silence.

 

 

Aucun mot là où je vais. Aucun sens organisé,
Aucun langage dans le sillage du souffle. Ni passé ni futur :
J’entends, moi, ici.
Nulle grammaire. Aucun besoin
de temps. En ce lieu
la prière reste non entendue,
dans le long mugissement de la nuit
l’iambe d’une pluie apaise tout.
Car au pied
de l’indicible hauteur des montagnes
se trouve assez de grâce si vous ne demandez rien.
Voyez-vous ? Pas le silence : mais la voix de tout le reste
qui s’évapore quand on écoute. Au-delà de l’écrit
ou de l’écriture : pas de métaphores ici,
pas de mots. Pas  de mots. Seulement.
 

Traduction de Marilyne Bertoncini