Jacques Sommer

Portrait de Jacques Sommer
n jouit pas moins d’une no­to­rié­té flat­teuse dans les cercles de lec­teurs par­mi les plus exi­geants. Son éc­ri­ture, châ­tiée à l’ex­t­rême, a l’art de mettre au jour les sor­ti­lèges du mythe dans les pay­sages les plus humbles comme les plus mé­c­on­nus et les plus dé­dai­g­nés, là où s’ins­c­rivent pour­tant les preuves du beau et où l’in­tense pré­s­ence du réel ne se dé­voile qu’in­té­rio­ri­sée. Ré­vé­lé no­tam­ment par Les Seuils (1974), un ro­man qui est en réa­l­i­té un grand poème en prose aux ré­so­nances pré­s­o­c­ra­tiques, Jacques Som­mer est aus­si l’au­teur de La Prose d’Au­ber­vil­liers (1996), dont Éric Dus­sert a éc­rit qu’elle « bou­le­verse les ca­nons de la poé­sie con­tem­po­rai­ne » et qu’elle « prend sur son aire pé­r­i­p­hé­rique des al­lures d’épo­pée ». Dans les chro­ni­ques que lui ins­pirent les dé­s­astres et les bas­sesses des temps ac­tuels, le poète cède la place à un re­dou­table et sa­lubre po­lé­m­iste, comme en té­moigne celle qu’il a pu­b­liée dans la re­vue Élé­me­nts (n° 141, oc­tobre-dé­c­embre 2011), « Cirque et ani­maux de cirque. De l’in­u­tile et de l’odieux ».