Pierre Zabalia, Il pleut un ciel en écharpe

Par |2025-03-06T17:36:08+01:00 6 mars 2025|Catégories : Pierre Zabalia, Poèmes|

Il pleut un ciel en écharpe :
mouise des langues marécageuses ou
fir­ma­ment de com­bat mais
lequel, de multitude
pom­melée mais

dans le piétine­ment d’un ciel
ven­tousé à
la douleur –

Il pleut des infinis
à l’heure
des trombes et des
fris­sons, ô
adagio –

∗∗∗

C’est ain­si que je fusionne
avec la laiteuse
incom­plé­tude du jour
avec

un paysage en suspens,
tel nul ori­etiur
dans la bouche
des beautés immobiles,

c’est ain­si que je m’enfonce
avec la blanche et
apathique chanson
du cyprès, dans
le bouil­lon­nement de personne –

∗∗∗

Dimanche raclé, dimanche
blanchi comme un cerisi­er perdu –

Un pépiement ou plutôt un tou­jours aux abois,
jouxte la non-présence de tout –

Cerisi­er des rêver­ies infirmes, ô
dans la blanche dépos­ses­sion des silences,

je t’enchâsse, je te trou­ve âpre et blanc, je
te mur­mure une quel­conque scintillation,

une quel­conque démesure et
une cloche tinte dans l’à‑peu-près des lointains-

∗∗∗

L’innocence grandit au jour languide
et avril au mer­le estour­bi rêve comme moi
mais je repasse, mais je traînasse
au jardin-Mandelstam,

au fond du sans-dieu,
au fond d’
un bleu
rever­di par les multiples

dis­til­la­tions, dislocations
de l’âme, dans
chaque atrocité –

∗∗∗

Il y a au fond du ciel
une bar­carolle qui somnole
dans sa case­mate de vent, il y a
une présence à l’envers comme

un être ébou­rif­fé d’angoisse,
il y a une ébauche de parler
dans les grenailles d’amour,
quelque part envolées,

quelque part enchemisées
dans l’éternelle incurie, il
y a une brisure, il y a

un poème qui flotte
et qui ravine sur les
mamelles du temps –

Présentation de l’auteur

Pierre Zabalia

Pierre Zabalia est natif de l’Aude, il vit et tra­vaille en Seine-et-Marne.

Bibliographie 

L’auteur a pub­lié plusieurs textes en revues (Petite, Le jardin d’Essai, Sap­riphage, Moe­bius, Arpa, Lichen, Recours au Poème, Tra­ver­sées, Poésie/Première, etc.). Il a fait par­tie du comité de lec­ture de la revue Artère. Il a par­ticipé à plusieurs instal­la­tions et expo­si­tions ain­si qu’à des lec­tures de ses textes. Un recueil de poèmes inti­t­ulé “Jardin sans fond” a été édité aux édi­tions Car­ac­tères, ain­si qu’un deux­ième recueil inti­t­ulé “Dans une lenteur” aux édi­tions Hel­lo. Un roman ayant pour titre “J’étais poète de pro­fes­sion” a été édité aux édi­tions 5 sens.

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